Fragments de poèmes

 

 
 

DEVANT LE CIEL

Les commencements de la vie ne sont pas les débuts de la vie, mais plutôt ceux de l'émerveillement.
Emerveillement devant le ciel et puis
- tu n'expliqueras jamais et pourquoi d'ailleurs ? -
les aspirations de chacun
A dépasser le sol et exercer sa force
A s'élever.
Il n'y a pas de volonté de dominer
- et quoi d'ailleurs ? -
pas de désir de puissance.
Tu n'as jamais cherché les richesses d'ici bas.
Par orgueil peut-être ou par folie.
Pas de séparation entre l'ici et l'ailleurs pourtant
Et c'est tout le paradoxe.
Est-on plus près de la vie pour autant ?
Tu retourneras un jour à la jeunesse qui passe
Et tu verras la racine des choses.
Tout cela sans promesse pourtant.

Pierre Givodan 2005

copyright Pierre Givodan
tous droits réservés

 
 

 

DUALITE

La nuit donne des intuitions

Celle par exemple de l'âme

Et du corps séparé

Disjoint par le temps

Qui sert l'esprit et tue le corps.

La nuit donne des intuitions

Que le jour efface aussi

Celle par exemple de soi

Petite chose qui

S'unit à un lieu

Qui prend racine et qui grandit

La nuit donne des intuitions

Que le vent disperse encore

Celle qui dit que la vie est tout

Celle qui dit qu'elle n'est rien

Mais colle au monde, oui...

Qui pousse au ciel ses petites tiges.

Pierre Givodan 2006

copyright Pierre Givodan
tous droits réservés

 

PARADISE CITY

Tu tournes et retourn' sur tes pas
Tu n'sais vraiment plus où tu vas
Les rues défilent et les palmiers
Rien ne semble plus te parler
Sur l'fond d'une mélodie la mer
T'annonce qu'là-bas ce n'est pas pareil
Mais tu n'entends plus rien du tout
Tu tournes et retournes et c'est tout

L'issue mortelle de l'histoire
Te saute aux yeux, tu n'y peux rien
Mélancolie à la Verlaine
Le sentiment d'une vie qui ploie
L'intensité de ton délire
Croît en proportion du désir
Qu'il était beau le ciel, Ah oui !
Le ciel est vide, film sans titre.

Récit d'un' fin "apocalypse"
Séquenc' d'un chant sans voix, ni loi
Le piège était bien sympathique
Et s' referm' sur un diamant noir
Sublim' destin des gens de rien
Insolite miroir du rien
L'Aventure humaine en série
Limité le chas de l'aiguille.

"The world is yours", du moins en droit
Le monde est tien si tu y crois
Romanc' éternell' pas désuète
Issue épiqu' du surhumain
Destination premièr' perdue
"Do you know what it means?"
Tu tournes et retourn' sur tes pas
Tu n' sais vraiment plus où tu vas

Et nuit et jour le long des quais
Tu longes la mer, "Night and day"
Sonorité d'un orchestr' jazz
C'est peut-être Ella Fitzgerald
La solitud' des musiciens
S'accorde avec l'instant présent
Le contrepoint du contretemps
C'est qu'le piano n'sonne pas pour rien.

Pierre Givodan 2004

copyright Pierre Givodan
tous droits réservés

 

ENCORE

Quelques photos des êtres chers

C'est à quoi se résume une vie

La volonté de faire advenir

C'est à quoi se résume la pensée

Il n'y a pas de réservoir

Quelque part qui retienne l'expérience

Ou alors il faut parier

[sur]

Quelques photos des êtres chers

C'est à quoi se résume un sujet

Le désir de chanter

Celui de peindre un portrait aussi

Il y a la page blanche

Quelque part un lecteur peut-être

Une bouteille à la mer

Sur la photo ils sourient

Ou alors ils sont étonnés

C'est à quoi se ramène un visage

Il n'y a pas de secret

mais des aimés.

Pierre Givodan 2006

copyright Pierre Givodan
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