Accompagne-moi loin
Vingt-trois nouvelles
"Toujours j'aimerai comprendre quelle sera la nouvelle métaphore de l'espoir, quelle sera la nouvelle esthétique de l'espoir." Georges Steiner & Antoine Spire "Barbarie de l'ignorance"
Accompagne-moi loin."La nuit avançait silencieusement et j'avais le sentiment que la route m'appartenait. L'air était sec et froid à l'extérieur mais ici il faisait chaud...." |
La route du blues."Depuis que je travaille dans cette librairie, je m'y sens chez moi. Suzanne m'a conseillé de lire cette biographie de Lou Reed écrite par un Français..." |
La lettre perdue." « Georgia on my mind » résonnait dans mes oreilles, ce vingt-deux décembre tandis que je répondais par fax à une demande de réservation à l'hôtel.." |
La loi du silence."Je ne sais si quelqu’un lira ces pages. J’écris aujourd’hui du Plateau, en pays étranger pour témoigner de l’accueil et de la Loi du silence dont j’ai été jusqu’à ce jour bénéficiaire. ..." |
Le train de nuit"Le train roulait depuis des heures. La contrebasse de Mingus épelait ses notes graves dans la nuit sans étoile. Je songeai au silence infini des espaces, à Pascal, à sa statue quelque part en France..." |
Les fresques de Cnossos."Le bateau filait sur la mer plate comme un patineur sur une plaque de glace. Nous étions partis de Brindisi quelques heures auparavant et je regardais les côtes albanaises..." |
Une lumière entrevue.Le tableau, une marine, se trouvait au milieu de la pièce, un garage que Paul avait découvert par hasard. La maison de l'oncle réservait bien des surprises... |
MarranesIl y a deux ans je me suis rendu pour la seconde fois dans la bibliothèque municipale aux étalages à l'ancienne qui grimpent jusqu'au plafond. Je n'espérais plus trouver le livre que je cherchais ... |
Terre sans malJeanne m'avait longtemps parlé de la folie de Gauguin. De son désir de tout quitter et de rejoindre la Terre sans mal, lui "l'indien de la peinture". Le sauvage du monde des arts... |
Le pays blanc"Récit de Yann, hiver 2020 « Je ne sais plus depuis combien de jours j’habite le Pays blanc. L’usine fonctionne toujours à plein régime et les ouvriers se pressent dans les ateliers du matin au soir..." |
Le représentantUn beau jour j'ai jeté tous les livres de ma bibliothèque. Que de temps perdu, que d'heures usées à courir après des pensées inutiles. Que d'années passées auprès d'auteurs vains et amers... |
Le monde inconnu de SylviaIl m'arrivait de me lever tard et cependant j'avais le sentiment de n'avoir pas dormi assez. C'était comme si j'avais été du côté du rêve, happé par je ne sais quel autre monde... |
Quand la nuit vient.« Swing de Paris » se répandait sous les voûtes. J'écoutais Django, une cigarette aux lèvres, sa guitare nostalgique cent pour cent au diapason avec mon état d'esprit... |
Rencontre à Belle-ÎleNous étions partis de Paris l'avant-veille, avions écouté Léo Férré qui donnait un concert à Morlaix ce jour là . Corinne voulait visiter ensuite le Mont Saint-Michel, mais l'on se décidait pour Belle-Ile... |
A la poursuite d'un nuageJ'entendais la forêt dense résonner de tous les bruits d'insectes et d'animaux de l'arche de Noé. Perdu au milieu des arbres j'avançais à la recherche du peuple des Pygmées. On m'avait averti. On m'avait annoncé... |
FlamencoJ'étais aux Saintes-Maries et j'écoutais un flamenco qu'un "Caracou", comme on les appelle ici, grattait sur sa guitare.J'étais chez moi, dans un quartier aux maisons basses et blanches... |
Un inédit de PlotinDepuis l'âge de douze ans il m'arrivait d'écouter Jimi Hendrix et je savais jouer Electric Lady Band sur le bout des doigts. A mes heures je faisais aussi du courtage en oeuvres d'art ... |
Héros sans visageAntony et la "diablesse" regardaient pour la énième fois l'automate de Frankenstein. La séduction brutale qu'exerçait le monstre sur l'écran les réconcilait provisoirement... |
TrotskiIl avait la quarantaine et s'appelait Kim Curtis. Il avait connu dédain et sarcasmes pour s'être amouraché d'une chanteuse. Il se croyait aux trois quarts de son histoire, dont il avait une conception ambigüe... |
NocturnesL'étrangère descendit du train. Elle portait des talons hauts, une gabardine et une robe verte un peu légère pour la saison. Elle était belle, fraîche et avait un regard franc. J'avais l'habitude de venir là souvent... |
Affaire de regardPendant longtemps je me suis demandée si un jour j'écrirais sur lui . Je me disais que c'était idiot. Il était trop proche, alors. Mais maintenant ce n'est plus pareil. Désormais je peux tout dire... |
C'est l'heure de s'envolerIl y avait cette carte postale qui était parvenue dans ma boîte aux lettres à la galerie. Expédiée par Nicolas Jacob. L'adresse de mon lieu d'activité avait été maladroitement retranscrite. Des timbres représentant des buffles mauves sur fond bleu et jaune avaient été collés de travers... |
L'affiche disparue."Lorsque je l’ai rencontré la première fois j’ai été séduit par son regard, l’attention qui émanait de ses yeux… la discrétion et en même temps une détermination dans la parole, un accent aussi dans la voix..." |
Ces vingt-trois nouvelles constituent la matière d'un recueil dont "Accompagne-moi loin" pourrait être le titre éponyme. Un même climat : "le voyage " et "la musique ". Pour tout projet éditorial, n'hésitez pas à me contacter. Pierre Givodan (2007) Tous droits réservés pour les textes Pierre Givodan Crédits Photo Joséphine Givodan |

